Après
Jean-Jacques, c'est au tour de Pierre de nous donner son point de vue sur l'A10 et comment les choses étaient avant l'arrivée de ce monstre. Pierre est un habitant de St Pierre et a participé à notre
vélorution sur l'avenue Pompidou en Novembre. Une vélorution qui nous a valu une
belle victoire.
Les propos de Pierre:
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Je ne suis en rien spécialiste de l’histoire de ce canal du « duc de Berry ». Celle ci est brièvement abordée dans les pages de « St Pierre des Corps ou la clarté républicaine » de Raymond Lavigne, ( p 31-45) . J’en ai vu la transformation.Celui ci a été construit exclusivement pour des raisons commerciales. En 1856, la crue a ouvert une brèche dans la gare du canal (côté Loire). De mémoire de gens disparus, il y avait 2m40 d’eau à l’endroit où j’habite actuellement (je compte réafficher le niveau des crues dès que j’aurais repeint la façade). Je n’ai aucun souvenir d’avoir (à 58 ans) vu de l’eau dans le canal ; jusqu’en 1975, c’était un terrain vague et un dépotoir qui faisait notre joie du jeudi, la gare du canal pendant un temps a servi pour accueillir la fête foraine et le marché aux puces se tenait à l’emplacement de l’avenue Pompidou. Dans les années 75-80, le souci écologique était globalement inexistant, il était normal de bétonner à tout va (il y' a même eu un moment une idée pour recouvrir la Seine !). On l’a échappé belle contre les barrages avec le délire maniaque-urbanistique de Royer (probablement assez intéressé), lequel avait déjà endetté l’agglo avec les travaux pharaoniques des rives du Cher, un endettement qui a fait passer au second plan les aménagements routiers qui ne sont pas encore résolus (peuvent ils l’être d’ailleurs ?).Il est donc inutile de revenir sur l’ignorance de cette époque, car la nôtre n’est sûrement pas moins grande.La nôtre, c’est le délire dans des pratiques consuméristes devenues « normales » et l’inconscience de la valeur énergétique avec son gaspillage éhonté tout azimut.Lorsque le canal était comblé, on accédait directement à la ville de Tours en montant les marches face à la rue Plantin, j’ai pratiqué ce trajet au moins 500 fois, souvent en courant, entre le passage Sabatier et la gare de Tours, cela me prenait seulement sept minutes (2,1 km).L’autoroute a radicalement éloigné Tours de St Pierre, de la même façon que La Riche est coupée de la Loire par la bretelle autoroutière, mais en contrepartie, cela a dû jouer pour la préservation des ilôts maraichers jusqu’à maintenant, sinon…Pour rapprocher Tours de St Pierre, il faudrait une passerelle piétons-cycles au niveau de la rue Gabriel Péri. Si l’autoroute devait subsister et les villes se vider de voitures, ce serait utile.L’autoroute n’a pas été perçue à cette époque comme une nuisance, mais aujourd’hui les niveaux de bruit et de pollution atteignent un climax et s’ajoutent au reste, on le sait.On ne peut pas à mon point de vue se battre contre l’autoroute sans se battre contre la voiture, ce n’est qu’un pis-aller malhonnête que de la déplacer en sur-urbain.(tout comme la BA705). Et de proche en proche, changer une seule chose revient progressivement à tout changer. (On ne change généralement de point de vue que par obligation).Tout cycliste est encore un automobiliste. La vélorution est pour le vélo. La vélorution peut donc être aussi contre l’autoroute, c’est une petite dérive, mais elle se comprend car elle va dans le même sens."Au vu de cette image (situation actuelle):

Au vu de celle-ci (100 ans plus tôt):

Les vélorutionnaires trouveront sans doute que la photo 1 est à bannir (pollution, bruit, égoïsme..), que la photo 2 donne à réfléchir... à une photo 3 non encore définie mais réfléchissons-y.