Avec l’aide de vélorutionnaires montréalais dont Cédric, qui suit notre blog et nous félicite souvent pour nos actions, c’est plusieurs centaines de personnes qui ont rejoint «
le grand tintamarre » pour protester contre le projet d’autoroute urbaine sur la rue Notre-Dame, projet de 8 voies et de plus de 70 000 véhicules journaliers. Cette manifestation festive un dimanche après-midi avait le soutien de plusieurs partis politiques comme
Projet Montréal ou
Québec Solidaire.
À pied ou à vélo, des gens n’étant pas forcément issus des quartiers impactés s’étaient déplacés pour déclarer : «Il faut s'opposer à tous les projets qui vont faire en sorte d'emmener plus d'autos dans l'île.», «Le smog et la pollution vont augmenter. La qualité de vie de tous les Montréalais va s'en ressentir».
Mais de l’autre côté, on se la joue développement durable : une autoroute à 8 voies serait-ce bon pour l’air, la santé, les vélos et peut-être aussi pour la bêtise de ceux qui font la promotion de ces infrastructures polluantes ? Jugez-vous-mêmes. La Chambre de commerce et d'industrie de l'Est de l'île de Montréal insiste sur :
« Le projet sur la table actuellement est un exemple d'ingéniosité, d'intégration du développement durable, d'efficacité, et d'humanisation du transport urbain. (…/…) Il assure la continuité d'un lien cyclable métropolitain. Il favorise l'aménagement de pôles patrimoniaux importants. Enfin, il comporte une préoccupation environnementale avec des considérations au niveau du bruit, de la qualité de l'air et de l'intégration au milieu.
La police Montréalaise aussi a fait preuve d’une grande bienveillance mais pas pour les manifestants composés d’enfants parfois. Citons quelques extraits du
ressenti d'un manifestant:
A partir du pont menant au quartier Hochelaga, les policiers ont fait des allers-retours à grande vitesse et en actionnant leurs sirènes, à travers la foule qu'ils avaient pourtant le mandat de protéger! De nombreux contacts ont eu lieu entre les véhicules de police et les marcheurs se tenant du mauvais côté d'une ligne blanche inexistante. Les esprits se sont échauffés lorsqu'un manifestant a failli se faire écrabouiller le pied. Pendant les échanges verbaux très musclés qui ont suivi, les policiers et la policière n'ont eu d'autre justificatif que de blâmer les manifestants d'avoir choisi la rue Sainte-Catherine pour défiler! Heureusement, aucun manifestant n'a cédé à la provocation.
Dans les minutes qui ont suivi, les manifestants ont dû affronter un autre genre d'agressivité: celle des automobilistes perdant patience dans les six voies de l'intersection Pie-IX, que les policiers avaient comme par hasard oublié de sécuriser. Cette manifestation a été annoncée un mois à l'avance, alors comment expliquer un tel cafouillage?
De plus en plus nous voyons à Montréal une distinction entre les « bonnes » manifestations dans lesquelles les policiers du SPVM se promènent à vélo ou en voiturette électrique pour se donner une image environnementale, et les autres manifs dans lesquelles les droits les plus fondamentaux des citoyens sont bafoués. Dix jours à peine après la venue d'Al Gore, venu convaincre les riches et puissants de la nécessité de lutter contre les changements climatiques, force est de constater que la manifestation du 13 avril est tombée dans la deuxième catégorie.
Tout cela nous rappelle presque
notre action à l’échangeur de l’A10 où la police avait « oubliée » de venir nous laissant seuls face à l’agressivité automobile. Peut-être que si Al Gore faisait la vélorution, cela irait-il mieux ? Sauf qu’à la vélorution, on peut boire mais certainement pas avec les
puissants pollueurs de la planète.