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L'Autorité européenne de sécurité des aliments a été saisie le 14 février par le Parlement européen pour donner un avis "sur la question de l'utilisation de farines provenant d'animaux non ruminants dans l'alimentation des porcs ou de la volaille".
Selon Alan Jones de l'agence européenne, "l'avis devrait être rendu avant fin octobre 2007."
Un point est déjà tranché : pas question de recopier le schéma des années "vaches folles". Ainsi, précise Philip Tod, porte-parole de la Commission européenne en charge de la Santé, "l'interdiction de cannibalisme, des porcs nourris avec des restes de porcs par exemple, ne serait pas modifiée". Plus important encore : "il n'est pas question non plus de mettre fin à l'interdiction de nourrir des animaux avec des restes de ruminants."
L'étude, pour laquelle Bruxelles a débloqué 1,7 million d'euros selon le Times, ne porte que sur la question de savoir s'il est possible d'introduire des restes de porc et de poulet dans la nourriture pour animaux. De cette manière, "on pourra envisager l'alimentation croisée par exemple à base de porc pour les poulets ou à base de poulets pour les porcs," indique le porte-parole Philip Tod. Le porc, le poulet, deux espèces a priori épargnées par le prion de la tremblante, mais qui n'en étaient pas moins interdites dans la fabrication de farines carnées... par précaution.
Du côté de la Commission, on espère que l'adhésion des ménages européens se fera par le porte-monnaie. Le pari est que ces farines animales coûteront moins cher aux éleveurs que les aliments actuellement utilisés et que ces économies seront répercutées sur les étals des bouchers. Un argument qui laisse sceptiques les professionnels français. L'un d'entre eux prédisait un "désastre médiatique, car on joue avec l'idée que l'on réintroduit le cannibalisme dans l'alimentation animale".