
Depuis le 1er mars, les élus de Berlin, Munich, Stuttgart ou Dortmund ont décidé d'imposer l'achat d'une vignette à tout propriétaire d'automobile circulant en centre-ville afin de lutter contre la pollution.
Si cette mesure ne s'appliquera que progressivement, le Land du Bade-Wurtemberg a déjà fait savoir qu'elle sera étendue à l'ensemble de la région. Des villes comme Francfort, Cologne, Dresde et Leipzig ont décidé de ne démarrer cette campagne anti-pollution automobile qu'en 2008.
Selon la couleur de sa « plakette » (vignette) qui ne coûte pour le moment que 5 euros, certains quartiers de la ville concernée pourront être interdits à l'automobiliste. Le détenteur d'une vignette verte n'a pour le moment pas trop de souci à se faire. Cela veut dire que sa voiture est propre ou que le moteur Diesel est équipé d'un filtre à particules.
C'est déjà plus aléatoire pour celui qui ne pourra obtenir que la vignette jaune et franchement mauvais pour celui en arborant une rouge. Quant à l'automobiliste interdit de vignette du fait de la vétusté ou de l'ancienneté de sa voiture, mieux vaut se mettre au vélo, aux transports en commun ou à la marche à pied. Les contrevenants devront payer sur place 40 euros d'amende pour non-respect d'une réglementation qui va s'appliquer aussi, bien sûr, aux taxis.
Cette affaire des vignettes confirme que l'Allemagne réunifiée a enfin pris conscience de la pollution automobile qui, selon un rapport récent, serait à l'origine de la mort d'au moins 70.000 personnes par an.« Sans oublier les maladies chroniques de très nombreux enfants », précise l'expert des transports à l'association environnementale Bund.
Les principaux constructeurs automobiles d'outre-Rhin ne voient pas cette nouvelle prise de conscience d'un très bon oeil. D'autant que leurs modèles haut de gamme sont déjà dans le collimateur de la Commission européenne pour une émission de CO2 souvent bien supérieure à 120 g/km. Le président d'Audi AG, Rupert Adler, estime que l'industrie automobile allemande risque d'être sérieusement menacée si Bruxelles maintient ses exigences environnementales.
Toujours est-il que les grandes villes allemandes - et celles de taille plus modeste - se dirigent lentement vers l'interdiction de circuler en automobile dans l'hyper-centre. Un nom a d'ailleurs déjà été trouvé à cette future restriction : « Umweltzone », « Umwelt » signifiant environnement.