Nos sociétés sont bêtes, croient échapper à tout. A tout?
«Maintenant, on sait ce que les Indiens ont ressenti» quand ils ont perdu leurs terres, soupirent les frères Diedrich, agriculteurs de la vallée centrale de Californie (ouest).
Jim, Bill et Bob Diedrich, agriculteurs de père en fils depuis 1882, observent, une zone poussiéreuse parsemée de mauvaises herbes sur une étendue de 260 hectares. En temps normal, un champ de tomates de cinquante mille tonnes de tomates vendues 4 millions de dollars.
«Nous n'avons pas d'eau cette année».
La vallée centrale, aussi étendue que la Bulgarie, est au départ semi-désertique. Grâce à un colossal réseau d'irrigation, elle est devenue la première source de cultures maraîchères du pays: 94% des tomates, 89% des carottes américaines en viennent.
Mais à l'issue d'un troisième hiver de faibles précipitations, voilà... la messe est dite. Fini les conneries!
Transformer des zones semi-désertiques en eldorado agricole (94% des tomates, 89% des carottes américaines) n'était pas l'idée subtile. A se croire au dessus de la nature et à vouloir tout remodeler pour son bon vouloir, un jour, on tombe de haut.