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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 23:14

VOICI UN TEXTE SUR UNE REFLEXION  AUTOUR DE L'AMENAGEMENT CYCLABLE? LE TRAMWAY ET LES CYCLISTES

 

Surprise du Tramway, Désastre sur le domaine cyclable de JM S

Troisième partie de « L’Anachronisme aggravé du tramway tourangeau » voir carfree.fr

 

"Le Paris Tours c’est fini ! Personnellement je m’en fous ! Mais si cette course cycliste ne peut plus arriver à Tours c’est qu’il s’est passé quelque chose de grave sur le domaine cyclable. Le projet du tramway n’a pas que prévu de détruire des allées arborées patrimoniales, domaine réservé des marcheurs, il a aussi la volonté de frapper puis de monopoliser une vaste part du domaine cyclable.

 

La Tranchée, c’est un long plan incliné

 Situé sur le versant nord de la Loire, elle va du pont Wilson enjambant le grand « Fleuve Sauvage » et monte jusqu’en haut de son coteau.

Lorsque l’on monte la Tranchée à vélo c’est une épreuve d’effort de presqu’un quart d’heure. Arrivé au sommet du coteau, sans avoir mis pied à terre, c’est la satisfaction de la fin de l’effort et de la reprise progressive de vitesse. Il arrive parfois, aux  heures de pointe  que l’on double à vélo dans la montée les automobiles immobilisées en bouchon.

Mais le vrai plaisir intense a lieu à la descente. Aux heures de pointes se rajoute à la vitesse une petite note perverse, lorsque les automobiles se neutralisent mutuellement et atteignent immobilité parfaite. Alors en roue libre et sans effort, en se laissant aller à grande vitesse on se donne en spectacle sur la large bande des bus devant un parterre d’automobilistes impuissants.

Si le feu est vert au bas de la Tranchée on continue à grande vitesse sur le pont Wilson et l’on arrive de l’autre coté de la Loire sur la Place Anatole France. Un spectacle gratuit de légèreté et de liberté est offert  à des automobilistes immobilisés sur plus d’un kilomètre de bouchon. Puis l’on traverse toute la ville en ligne droite pour rejoindre au sud l’autre coteau, de ce qu’on appelle encore le « dernier grand fleuve sauvage d’Europe ».

A grande vitesse sur ces larges bandes réservées aux bus on est comme à l’arrivée du Paris Tours.

Ce plaisir simple par cette vitesse exceptionnelle et spécifique à cet axe rectiligne, c’est fini pour tous les cyclistes tourangeaux. Le tramway va monopoliser la place sur les larges voies de passage des bus et comble d’’inconséquence logique et sécuritaire le pont Wilson va être « interdit aux vélos ». « Quoi ! »

 

Le pont Wilson « interdit au vélo ! »

L’invraisemblable est arrivé à Tours avec le tracé du tramway. Le Pont Wilson dans l’axe central de la ville « interdit aux cyclistes ! » Qui peut croire une chose pareille ?  C’est pourtant l’une des inconséquences la plus criante d’un projet technocratique de tramway totalement pensé « hors sol » et « hors usage » sans évaluation de ses nuisances.

« Interdire le pont Wilson aux vélos, c’est impossible ! » les cyclistes qui apprennent  la nouvelle n’en croient pas leurs oreilles.

En face de cette inconséquence sur la voie de son train électrique de ville, l’état major municipal a dû reculer pour sauver son choix autoritaire. Le « politiquement correct » s’est mis service de l’arbitraire municipal en comprenant qu’il était « interdit d’interdire » aux vélos de passer le pont.

Devenu dangereux pour les cyclistes par l’arrivée du tramway, sur ce pont il sera simplement « déconseillé aux cyclistes de passer ».

En s’interdisant d’interdire, les autorités municipales suppriment seulement le risque de verbalisation policière, mais en laissant passer les cyclistes à leur risque et péril, les autorités persiste est signe dans les inconséquences d’un projet précipité et « mal pensé » ou, au contraire, « très bien pensé » s’il s’agissait effectivement de dévaster le domaine cyclable de la ville.

« Bien pensé », dans une réelle politique d’alternative à l’emprise automobile sur la ville, l’arrivé du tramway sur le pont Wilson aurait prendre la place des voitures et les dévier vers les deux autres ponts sur la Loire…

La conséquence pratique pour les cyclistes de cette inconséquence technocratique est dramatiquement simple. Désormais, sur ce pont arbitrairement réservé aux transports motorisés et « déconseillé aux cyclistes »,  pour le traverser en sécurité il faudra mettre pied à terre et rejoindre sur l’étroit trottoir le flux en fille indienne des piétons.

Pour les cyclistes téméraires voulant traverser à vélo ce pont dangereux, et pour ceux peu courageux refusant de faire un long détour de « quelques kilomètres », ils risquent en cas d’accident de se retrouver confronté à la science complexe des assurances. « Pont déconseillé aux vélos » « comportement à risque »  « prise de risque inconsidéré »… Les engins motorisés sur leurs voies réservées seront eux dans leur « bon droits »…

 

« Vingt Ans de galère Vingt Ans d’arbitraire ! »

Sur la ville de Tours depuis bientôt deux décennies deux revendications étaient portées par le collectif Vélorution et l’association Moucifon de la commune de Fondette : rendre accessible au vélo la passerelle Fournier passant sur les lignes de chemin de fer en centre ville de Tours et rendre accessible aux vélos et aux piétons le pont Saint Cosme sur la Loire à l’ouest de Tours.

Le samedi 4 décembre 2010, il y avait la énième manifestation sur le pont Saint Cosme pour le rendre accessible aux vélos et aux marcheurs. Sur une des banderoles était écrit très modestement « 1990 - 2010 : Vingt Ans d’Inaction ! ». Mais plus politiquement on pourrait dire « vingt ans de « développement durable » avec renforcement et de l’arbitraire « Vingt ans de mépris politique » affiché par oligarchie locale envers les habitants de l’agglomération.

Avec l’arrivé du tramway il faudra encore rajouter une troisième revendication rendre accessible au vélo le pont Wilson.

Que nous réservera, comme surprise,  la deuxième ligne de tramway ?

 

Domaine cyclable et pistes cyclables

Il ne faut pas confondre les deux choses. Le domaine cyclable est non formalisé, connu des cyclistes, il est nettement plus vaste que celui répertorié des pistes cyclables marquées par des pictogrammes.

Le domaine cyclable s’étend à tous les lieux ou voie inaccessibles ou interdits aux voitures mais facilement utilisables par les cyclistes.

Cet espace prend aujourd’hui son importance et se révèle au moment de sa dévastation par les nouvelles politiques urbanistiques.

Une partie de ce vaste domaine informel, rues piétonnes et ruelles, passages étroits ou porche d’immeuble,  jardins et place public, gare, chemins de terre, est insidieusement menacée.

Dans toutes les villes où les autorités administratives sont obsédées par la notoriété ou la visibilité internationale de leur ville cet espace se dégrade en faisant indirectement l’objet des politiques urbanistiques intégrant la grande science policière de la « prévention situationnelle ».

A Tours la grande surprise est venue du tramway.

Alors que se multiplient partout dans la ville en « greenwashing[1] » les pictogrammes de pistes cyclable le domaine cyclable lui subit une de ses plus brutale dévastation avec l’arrivée du tramway. Sur une grande partie de l’axe nord sud, les larges couloirs réservés aux bus et facilement accessibles aux vélos vont être monopolisés par le tramway.

L’interdiction du pont Wilson aux vélos n’est que la plus criante des inconséquences technocratiques. Toute la chaussée de la rue Nationale et bien d’autres vont aussi être monopolisées par les transports motorisés.

 

Le Tram ferme la voie au Vélo !

Dans le « 20 pages de propagande » de La Nouvelle République la désinformation est totale. Le texte est rédigé comme un contrat d’assurance. En premier et en gros la « désinformation» plein pot, en petit et en fin de texte la réalité désastreuse du « deal ».   

Début du texte triomphal. « Le tram ouvre la voie au vélo » : « Sur tout l’itinéraire, tram et deux roues feront la route ensemble. Plus de 11 km d’aménagements cyclables seront réalisés le long de la première ligne de tramway. Dont 7 km de pistes, de quoi satisfaire plus d’un « écologiste ou cycliste benêt »

En fin de texte, on est quand même un peu obligé d’annoncer la couleur. Tout ne sera pas rose en effet et l’on tente de faire avaler les couleuvres. « À l'issue des travaux, tout n’ira cependant pas pour le mieux dans le meilleur des mondes cyclistes. Aucune piste ou bande cyclable n’est notamment prévue sur le pont Wilson, en raison de sa faible largeur (1). »

Grandes envolées lyriques de « greenwashing » sur le papier pour le tramway, mais qu’en pense au juste les gens qui ont fait l’effort de regarder de près les pistes cyclables proposées ?  

 

Échantillon de piste cyclable analysée à la loupe.

Les riverains de l’avenue Maginot frappé par l’arrivée du tramway se sont justement  intéressaient à la portion de piste cyclable dont parle l’organe de propagande disant « tram et deux roues feront la route ensemble. »

La dangerosité des voies cyclables prévues leur a sauté aux yeux, même pas la largeur d’un « vélo taxi » et en plus prévu en « site sale » et « non protégé » avec une promiscuité inadmissible avec le tramway et les voitures.

Voici sur ce sujet leur déposition résumée auprès du préfet.

« Les 2 voies cyclables prévues avenue MAGINOT pourraient être accolées, sur un seul côté de l’avenue, préférentiellement côté des N° pairs, offrant un espace de circulation élargi aux cyclistes, facilitant leur route et minorant considérablement le risque d’accidents.
La largeur retenue pour la voie cycliste sens Sud/Nord, semble t’il de 0,80 cm, apparaît particulièrement étroite, inférieure à la norme habituellement retenue qui est de 1,50 mètre, largeur nécessaire pour protéger correctement des cyclistes circulant à proximité très rapprochée, en quasi-contact, des voitures et des tramways.

il y a un très fort risque d’accidents corporels impliquant des cyclistes roulant sur une piste cyclable non protégée et insuffisamment large (0,80 m au maximum), directement accolée à la voie mixte [voitures+tramway] allant vers La Tranchée.

Le fait que les 2 voies cyclables ne soient ni séparées ni protégées des voies tramway sur cette section à super trafic apparaît être une aberration inacceptable !

Il est officiellement affirmé : « L'arrivée du tramway s'accompagnera d'un nouveau partage des espaces publics en faveur des piétons, des cyclistes et des transports collectifs. Les aménagements inciteront les automobilistes à modifier leur comportement et encourageront les modes doux de déplacement. Un traitement spécifique de la voirie et de ses abords permettra de sécuriser les modes doux dans la ville »
Nous ne voyons rien de tout cela avenue MAGINOT, bien au contraire !
Qui seront sacrifiés ? Les cyclistes ? Les riverains qui auront moins d’espace trottoir ? L’espace dédié à la végétation ?  Veut-on des morts à hauteur de l’avenue MAGINOT ?

Les signataires souhaitent promouvoir une solution responsable non « accidentogène » ; l’idée d’une piste cyclable unique à doubles voies faisant couloir, promue par monsieur PETIT, mise en place dans de nombreuses agglomérations, nous semble réaliste. » (2)

 

L’angle de vue des riverains de cette importante artère encore pourvue de petits commerces de proximité dans le secteur Nord Est de la ville était celui d’honnêtes habitants souhaitant simplement améliorer leur cadre de vie et de travail avec l’arrivée du tramway.

 

Mais tel n’est pas le projet politique véhiculé par le tramway !  "

 

 

(1) La NR Mercredi 15 septembre 2010 page 14. Nouvelle République : Tramway de Tours

http://www.lanouvellerepublique.fr/extension/pages/images/dossiers_actu/tramway/supp_ecomobilite.pdf

 

(2) Tramway de Tours

http://pressibus.free.fr/blogcvl/tram/depos7.html



[1] Greenwashing : traduction peindre en vert qui est un procédé de marketing utilisé par une organisation (entreprise, gouvernement, etc) dans le but de donner à l'opinion publique une image écologique responsable, alors que plus d'argent a été investi en publicité « verte » (la couleur verte symbolisant ici l'écologie) que pour de réelles actions en faveur de l'environnement. Source wikipédia

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Published by velorutiontours - dans ToursInfos
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