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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 19:16
Un article de ce jour dans le journal "le Figaro" nous montre que l'Amérique qui a tant polluée s'engage dans une nouvelle voie. Vers la décroissance?

 Bill Watt n'a jamais tant joué au golf. Ce banquier de Wall Street, licencié à l'automne dernier après vingt-cinq ans de carrière, savoure avec très peu de culpabilité son temps libre forcé. «C'est la crise, c'est vrai, mais pour l'instant il en profite au maximum», ironise sa femme, Monica. Outre les parcours, où il enchaîne les compétitions, Bill découvre aussi, pour la première fois, la charge quotidienne que représente l'éducation de trois enfants. Une respiration familiale et sportive bienvenue, après des années où les priorités étaient le travail et l'argent.

La récession américaine la plus grave depuis soixante-dix ans fait des millions de victimes, notamment ces centaines de milliers de nouveaux chômeurs chaque mois ou ces millions de familles expulsées de leurs maisons. Par sa violence, la crise sonne comme un réveil brutal pour un pays qui vivait au-dessus de ses moyens. Mais ce retour sur terre est aussi source d'opportunités et de changements de société profonds. Alors que Bush ordonnait aux Américains d'aller faire du shopping pour soutenir l'économie après le 11 Septembre, Barack Obama estime, lui, que «nous avons vécu une ère où trop souvent les gains à court terme étaient privilégiés par rapport à la prospérité de long terme, où l'on ne voyait pas plus loin que la prochaine échéance». Tout juste jeune de cent jours, une nouvelle Amérique des années Obama se dessine, contrainte par la tempête économique mais aussi marquée par une volonté politique. Fin de la spéculation générale, moins de consommation effrénée, des transports plus écologiques. Moins de travail, mais plus de temps libre. Moins d'argent et de profits, mais plus de social. La transition est en marche vers ce que des observateurs appellent le «new normal» : la nouvelle normalité qui naîtra des cendres de la crise.

«L'ère du bling-bling est terminée»

Certains profitent de ce moment charnière pour changer leur vie. Paul (son prénom a été changé à sa demande), licencié de la banque HSBC avec 36 % des effectifs en novembre, avait heureusement anticipé. Après son travail de banquier, il enchaînait, comme beaucoup d'Américains, le soir et le week-end avec des jobs de serveur pour rembourser ses 80 000 dollars de dettes accumulés sur six cartes de crédit. Aujourd'hui, il se contente de ses 2 256 dollars mensuels d'allocation chômage de l'État du New Jersey, versés pendant un an, et fait des ménages ou de petites courses pour des personnes âgées. «Je vis très modestement. Avant, j'allais au restau midi et soir. Je faisais du shopping tous les samedis. Maintenant, je collectionne les coupons de réduction, j'ai supprimé les loisirs de mon budget, je choisis des distractions gratuites, comme certains musées ou des balades à Central Park. Je prends beaucoup moins ma voiture. Je me rends compte qu'on n'a pas besoin de tant de choses.» À 33 ans, Paul envisage sérieusement de retourner vivre dans le Tennessee de sa jeunesse, afin de reprendre des études et de devenir comptable. «Quand j'ai perdu mon boulot, je me suis posé beaucoup de questions sur ma carrière : est-ce que ce que je faisais depuis onze ans était vraiment ce que je voulais faire toute ma vie ?»

Pilier de l'économie américaine (70 % du PIB), la consommation flanche. Les ventes de détail ont chuté de 9,4 % en mars par rapport à l'année précédente. Et 61 % des Américains prévoient de dépenser moins qu'avant, même quand la prospérité sera de retour. «Nous n'allons jamais revenir à ce que nous connaissions avant», confirme Paco Underhill, président du cabinet de conseil new-yorkais Envirosell, spécialisé dans le commerce. Outre les ménages directement frappés par la crise qui ne consomment plus et une tendance générale à surveiller ses dépenses, «la majorité d'entre nous a compris que l'ère du bling-bling était finie et que la consommation compulsive relevait des mauvaises manières», affirmait récemment Paco Underhill sur la radio NPR. «On continue à manger, à boire, à faire des cadeaux, à entretenir sa voiture et sa maison, mais on le fait avec un peu plus de sens, poursuit l'expert. La consommation est en train de prendre le même chemin que l'écologie, chacun se sent directement concerné.»

Conséquence : le remodelage du paysage commercial est en marche. Rien que l'an dernier, 148 000 magasins ont fermé leurs portes sur le territoire américain. Plusieurs grandes chaînes établies ont fait faillite, comme Linens'n Things (produits pour la maison) ou Circuit City (électronique). General Growth, propriétaire de 200 malls (centres commerciaux) dans le pays, vient également de se déclarer en faillite. Au commerce traditionnel se substituent d'autres formes de consommation : les achats d'occasion, qui s'envolent sur les sites Internet d'annonces comme Craigslist, le troc, en plein renouveau, voire l'autosubsistance. On voit, ici où là, éclore des poulaillers et des potagers au fond des jardins, même dans certains quartiers de New York.

La surenchère permanente de dépenses est révolue. Acheter une maison plus grande tous les deux ans n'est plus possible, ni jugé nécessaire. Pas plus que les deux fours dans la cuisine - un pour le gigot, un pour le gâteau -, la douche et la baignoire dans la salle de bains, le garage pour trois voitures… «Après un lavage de cerveau pour leur faire croire que le but ultime était d'être propriétaire d'une maison en banlieue au prix d'une dette colossale à rembourser toute leur vie, les gens revoient leurs priorités maintenant que la valeur de ces maisons s'est effondrée. On va voir émerger de nouvelles façons de vivre, moins monétisées, comme dans les pays pauvres, moins dépendantes de la banque, de la finance, du crédit», prévoit Dmitry Orlov, membre d'un courant de pensée qui annonce le déclin de l'empire américain. Cet ingénieur d'origine russe, qui vit à Boston sur un bateau, compare la crise américaine actuelle à l'effondrement de l'économie soviétique dans les années 1990 dans son livre Reinventing Collapse.

Le développement durable, une notion incongrue dans les années Bush, est en train de s'imposer aux Américains. Chasseur de têtes chez Korn Ferry International, près de San Francisco, Wes Richards en a pris conscience grâce à ses enfants de 14 et 16 ans. Au retour d'un voyage en Europe, les adolescents ont convaincu leurs parents de remplacer leurs deux Mercedes par une Prius hybride, une Smart et un scooter. «Avec la Prius, je fais le plein toutes les deux semaines, trois fois moins qu'avant, se réjouit Wes. Ce n'est pas seulement une question d'économies. En faisant cela, je me sens un peu plus intelligent qu'avant. De même, on réfléchit avant de sauter dans un avion pour rencontrer un client. On préfère discuter par vidéoconférence sur Skype. On installe des ampoules basse consommation au bureau.» Symbole de ce changement d'ère : l'annonce de l'abandon par General Motors des 4 × 4 Hummer, la voiture des années frime et de la guerre en Irak. C'est également le moment où Obama annonce la mise à l'étude de dix lignes de TGV.

33,2 heures de travail par semaine

Autre effet de la crise, les Américains découvrent malgré eux le temps libre. C'est évidemment le cas des chômeurs. Mais, phénomène nouveau, pour éviter les licenciements, certaines entreprises et collectivités territoriales ont recours au chômage partiel et mettent en congé forcé leurs troupes un jour par semaine ou par mois. Du coup, le temps de travail hebdomadaire moyen aux États-Unis est tombé à 33,2 heures - au plus bas depuis 1964. Pour Heather Boushey, économiste au Center for American Progress, c'est une occasion à saisir. «Cela modifie les rapports familiaux, avec un rééquilibrage des tâches entre les membres du foyer, qui apprennent à plus dépendre les uns des autres face à la baisse de leurs revenus, constate cet ancien conseiller du Congrès à Washington. Il y a là une opportunité d'utiliser le temps de travail comme un outil d'ajustement. Mais je ne pense pas qu'on soit prêt ici pour un débat sur une réduction durable du temps du travail.»

Les Américains découvriraient-ils enfin que l'argent ne fait pas le bonheur ? En tout cas, ils l'ont compris, à leurs dépens, pour celui obtenu à crédit à des taux usuriers (jusqu'à 30 %) au profit des institutions de Wall Street. L'époque où l'on ne remboursait que les intérêts sur son prêt immobilier pendant des années parce qu'on comptait faire la culbute lors de la revente est bel et bien terminée. Celle des rendements de rêve à la Madoff aussi. Alors on préfère vivre mieux sa vie de tous les jours que de miser sur un hypothétique paradis futur.

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Published by velorutiontours - dans Velorutiontours
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SOFF 02/05/2009 21:55

J'Y CROIS PAS...ça n'est pas par si peu d'exemple qu'on pourra me convaincre d'un changement sociologique significatif et positif de la classe moyenne là-bas et ici (notamment quand c'est dans le Figaro)ce qui est significatif en revanche sont les statistiques de l'augmentation de stagiaires, de contrats précaires, de contrats aidés, d'autoentrepreneur (qui ne cotisent pas ou peu), de chômeurs biensûr...et cela va "déclasser" la classe moyenne haute à savoir qu'elle n'a plus la garantie d'offrir un avenir radieux à ses mômes à moins de mettre la main à la poche pour eux et leurs petits enfants; d'abord pour les études - la classe moyenne envoie ses marmots dans les écoles privées et les grandes écoles, elle les prend en charge quand ils vont de stage en stage et ensuite les garde à la maison ou leur prête celle qui servait à louer en attendant qu'ils décrochent un hypothétique CDI. la classe moyenne ne s'inquiétait pas des reculs sur les retraites - elle se faisait une complémentaire ou sur la sécu - elle se prenait une mutuelle...la classe moyenne partait à l'étranger pour "faire la thaîlande ou la chine", elle commence à trouver que la "france est pas si mal au fond"elle snobait les beaufs en achetant massivement à ikéa pour être original et maintenant elle y va parce que c'est pas cher...la classe moyenne se laisse appeler "bobo" pour être au dessus de la moyenne de la classe moyenne;la classe moyenne est contre le nucléaire mais il faut bien de l'électricité quand même?la classe moyenne est contre les OGM mais il faut bien que les pauvres mangent quand même?la classe moyenne est contre la voiture mais il faut bien des autoroutes quand même?la classe moyenne est pour la nature mais il faut bien la rendre productive quand même?la classe moyenne commence à être dans la m...et on sait qu'il ne faut jamais chatouiller la classe moyenne sur ses acquis, ses micro privilèges et ses certitudes...heureusement la classe moyenne a horreur des coups, elle envoie les plus pauvres au feu...